ERP Open Source – État des lieux

Si les solutions Open Source telles que Linux (système d’exploitation), Firefox (fureteur), MySql (base de données) ou Java (outil Web) jouissent depuis longtemps d’une bonne réputation et sont largement utilisés, l’engouement envers les applications ERP (Enterprise Resource Planning) est plus récent.

Les applications ERP sont stratégiques pour les entreprises. Cela explique donc que l’adoption du modèle Open Source ait été plus longue à se confirmer. Il est fort probable que la crise actuelle ait accéléré le phénomène actuel, néanmoins, les ERP Open Source ne rencontreraient pas cette vigueur dans le succès sans qualités intrinsèques avérées.

Voici un état des lieux de ce marché, réalisé à partir du livre blanc édité par SMILE, une société de services en technologie de l’information de 350 personnes, spécialisée dans l’Open Source.

Sur vingt huit applications ERP recensées (il manque néanmoins certaines solutions nord-américaines, notamment xTuple) SMILE en a présélectionné six : Open ERP, Neogia (Fork OFBIZ), Compiere, ERP 5, Open Bravo (Fork Compiere), et Adempiere (Fork Compiere). Notoriété, dynamisme, technologie, périmètre fonctionnel, souplesse et ressources disponibles sont les critères d’évaluation.

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  • Notoriété – Les applications les plus populaires sont téléchargées plusieurs milliers de fois par mois (1000 par jour pour Open ERP). La tendance Google montre qu’Open Bravo est au mêne niveau de popularité que NetSuite, Open ERP en pleine ascension alors que Compiere et Adempiere sont à un même niveau très moyen. Les autres applications ne sont pas significatives. Avec plusieurs centaines de sites opérationnels, on peut désormais établir que ces solutions sont en outre arrivées à maturité.

 

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  • Dynamisme – Le dynamisme peut être mesuré par l’activité de la communauté : nombre de membres, nombre de posts sur les forums, nombre et fréquence de mise à disposition de nouveaux modules communautaires. Avec 1000 « posts » par jours, Open Bravo dispose assurément d’une communauté dynamique. Open ERP se distingue par le nombre de ses modules (500) qui augmente de mois en mois. Les autres sont loin derrières.
  • Technologie – L’un des premiers constats, est qu’il n’existe pas de génération spontanée. Les applications qui ont du succès aujourd’hui étaient connues il y a trois ans. Elles ont mûri, se sont étoffées, mais leur plateforme préfigurait déjà de leur potentiel. Toutes ces solutions sont disponibles en version Web (en dehors de la version « libre » de Compiere) et s’appuient sur une base de données (Postgres en l’occurrence). Elles se différencient par leur capacité à être adaptées et intégrées facilement dans un environnement d’entreprise. A ce titre, les plateformes orientées objet ont un avantage conséquent, surtout lorsque leur architecture est également orientée service (SOA). Neogia et Open ERP font partie de ce groupe, et c’est notamment flagrant pour ce dernier lorsque que l’on voit la facilité avec laquelle la communauté créée et ajoute de nouveaux modules (de 300 modules en début d’année à 500 aujourd’hui).
  • Périmètre fonctionnel – Le graphique ci-dessous donne un aperçu de l’envergure fonctionnelle de chacune des applications ERP. Vous noterez que les solutions libres peuvent parfois offrir une meilleure couverture fonctionnelle que des logiciels « commerciaux » pour PME bien connus comme SAP Business One ou Dynamics Nav. Le diable est dans le détail néanmoins. En phase de sélection, il convient de bien étudier les fonctionnalités de ces ERP et de les comparer aux besoins d’affaires clés. Sans être le meilleur dans un domaine particulier, Open ERP est le plus homogène alors qu’Adempiere et Open Bravo sont plus développés dans le domaine de la distribution. Pour Compiere, c’est la version « libre » qui a été évaluée. L’analyse ne reflète pas le potentiel de la version « commerciale ».

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  • Ressources disponibles – Le nombre de ressource internes, s’il donne une indication sur le sérieux du projet, n’est pas suffisant pour en quantifier l’envergure. Par exemple, OpenERP dispose d’une équipe interne d’une trentaine de personnes mais revendique plus d’un millier de développeurs/contributeurs qui créent plusieurs modules par mois. xTuple incorpore en moyenne 5 à 6 contributions par nouvelle version (environs 4 par an), OpenBravo met en avant 270 projets actifs, et chez Adempiere on recense une trentaine de projets dont certains concernent un pan entier du produit (ex. modules de production, une contribution de e-Volution). A ce jeu, Compiere semble distancé, toutes les nouvelles fonctionnalités ne sont disponibles que dans la version « commerciale », l’espace communautaire est inanimé et les contributions inexistantes. C’est probablement le prix à payer du virage « commercial » entrepris il y a trois ans.

Il est difficile d’établir une hiérarchie, néanmoins, deux solutions semblent profiter pleinement du modèle Open Source et se développent à grande vitesse : OpenERP et OpenBravo. Adempiere semble chercher un second souffle mais reste une solution ERP intéressante qui possède plus de 200 installations. Neogia est une solution assez riche, dérivée du projet OFBIZ, mais reste trop régionale (France) et l’ergonomie laisse à désirer. Pour ce qui concerne Compiere, je me demande si l’on peut toujours la qualifier d’Open Source.

En analysant les données de Google Trends, on peut également remarquer que les ERP Open Source sont très populaires en Europe et dans les pays émergeants comme le Brésil, le Maroc, le Mexique, … C’est d’ailleurs d’Europe que nous viennent OpenERP (Belgique) et OpenBravo (Espagne). Adempiere de son coté à beaucoup de succès en Amérique du sud.

En Amérique du Nord, xTuple commence une percée. Cette solution est très bien finie et offre des fonctionnalités de gestion et planification de la production que l’on ne retrouve pas toujours en standard dans les solutions PME de Microsoft ou SAP.

S’il fallait résumer cet article :

  • Des solutions arrivées à maturité
  • Des communautés importantes qui contribuent activement
  • Des solutions ERP qui évoluent très vite
  • L’Europe et les pays émergeant sont en avance en termes d’adoption

 


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